Une capacité d'automédication naturel
Bien avant les traitements chimiques, les animaux se soignaient (et continue à le faire) en puisant dans leur environnement naturel ce dont leur corps a besoin.
Cete capacité se nomme la zoopharmacognosie, du grec zoo (animal), pharmakon (remède) et gnosis (connaissance).
Le terme a été popularisé dans les années 1990 par C'est le biologiste américain Michael Huffman, qui observa des chimpanzés malades mâcher les feuilles amères d'un arbuste africain (le Vernonia amygdalina) sans les avaler, y puisant ainsi les composés antiparasitaires de la plante. Il a donc utilisé ce terme de zoopharmacognosie qui signifie en gros automédication chez l'animal.
Cette scène simple, mais révolutionnaire, nous révèle alors que les animaux ont une relation active et intelligente à leur propre santé.
Des exemples fascinants dans la nature : L'ours brun
Se frictionne le pelage avec de l'écorce de sapin baumier aux propriétés insectifuges et antiseptiques avant la saison des insectes. L'éléphant
Ingère des argiles et des terres minérales pour neutraliser des toxines végétales et équilibrer son système digestif. Le chien & le chat
Consomment de l'herbe (chiendent, graminées) pour favoriser la purge ou stimuler le transit. Un réflexe souvent mal interprété. Le perroquet
Consomme de l'argile en Amazonie pour neutraliser les alcaloïdes des graines dont il se nourrit.Selon plusieurs études en éthologie, on recense aujourd'hui plus de 40 espèces animales pour lesquelles des comportements d'auto-médication documentés ont été observés, des insectes aux grands mammifères.
Comment pratiquer l'auto-sélection guidée
Chiens, chats, lapins, chevaux, nos animaux domestiques ont conservé ces instincts de sélection de remède, mais pour beaucoup leur environnement quotidien ne leur offre plus grand-chose pour les exprimer.
La pelouse synthétique, les croquettes ultra-transformées, les appartements confinés, les balades en parc urbain, les cages, etc ont progressivement coupé le lien entre l'animal et les ressources naturelles dont il a besoin.
C'est là qu'intervient la zoopharmacognosie appliquée, parfois appelée auto-sélection guidée. C'est une approche complémentaire qui consiste, en tant que gardien-ne d'animaux, à proposer et non à imposer, des ressources naturelles à notre animal, en lui laissant la liberté de choisir.
Le principe fondamental est simple, l'animal sait et il choisit. Notre rôle n'est pas de décider ce dont il a besoin, mais de lui offrir une palette de ressources et d'observer ses réponses. C'est une posture d'humilité et d'écoute, à l'opposé d'une médecine imposée.
01
Proposer, jamais imposer
Présenter les substances (huiles essentielles, plantes, argiles et autres minéraux) à distance de l'animal, et observer s'il s'en approche ou s'en éloigne.
02
Respecter le refus
Si l'animal détourne la tête ou s'éloigne, c'est une réponse valide. Il n'en a peut-être pas besoin aujourd'hui. 03
Varier les formes
Huiles essentielles à sentir, plantes fraîches ou séchées, argiles, hydrolats, macérats, etc chaque animal a ses préférences sensorielles.
04
Travailler avec un-e praticien-ne
Un-e thérapeute formé en zoopharmacognosie peut guider les sessions et proposer des ressources adaptées à l'espèce et au contexte.
En pratique, une session peut ressembler à ceci. vous approchez un flacon d'huile essentielle de camomille romaine à quelques centimètres de votre chien. S'il renifle longuement, lèche ses babines ou se rapproche, il y a un intérêt. S'il recule ou détourne la tête, vous passez à autre chose. Simple, non invasif, respectueux.
Pour le non initié, j'invite à expérimenter en douceur. Placer des bols avec des hydrolats différents, ou des élixirs (j'utilise cette méthode pour les fleurs de Bach ou élixirs de minéraux) et laissez tout simplement votre animal choisir dans lequel ou lesquels il ira boire, un peu, beaucoup ou passionnément.